Quelle différence entre yoga et gymnastique ?

L’objectif en gymnastique est de faire travailler le corps uniquement. Le yoga par les postures et la respiration va permettre de faire travailler le corps certes, mais aussi l’organisme et le mental. Et une dimension importante également, est qu’en yoga, il n’y a aucune notion de compétition. Le yoga est une pratique millénaire, un art de vie, une philosophie qui permet à l’individu de se connecter à sa vraie nature, son être profond, pour atteindre la paix de l’esprit.
C’est une manière d’être, non une manière de faire. Même si en apparence, la pratique des asanas peut ressembler à de la gymnastique, le yoga se différencie de cette dernière par :
– l’état d’intériorité (concentration) qui va s’installer avec la pratique et qui permet de dissoudre les fluctuations du mental responsables de nos souffrances.
– la bienveillance envers nous-mêmes, car en yoga, nous sommes toujours dans le respect de nos possibilités dans l’instant et il ne doit pas y avoir de compétition envers les autres ou soi-même.
– la présence à soi en étant dans « l’ici et maintenant ».
– la prise de conscience de notre schéma corporel.
– les asana et le prânâyâma permettent le réajustement et le rééquilibrage des énergies en nous.
– le yoga nettoie, équilibre, purifie, renforce le corps physique, mental, émotionnel et spirituel, il permet ainsi une réelle transformation intérieure, nous prépare à explorer et à avancer sur notre chemin de vie.

Quel est le meilleur moment de la journée pour pratiquer ?

Le matin à jeun, pour réveiller en douceur le corps, les articulations et activer l’énergie. Mais on peut aussi pratiquer à d’autres moments de la journée, de préférence avant les repas ou 3 heures après un repas et après la toilette. En effet, il est souhaitable de ne pas se doucher ou prendre un bain immédiatement après la pratique yogique, afin de ne pas interrompre la circulation de l’énergie qui se prolonge encore longtemps après la séance.

Est-ce que je risque de me faire mal sur certaines postures de yoga ?

Sur les milliers de postures existantes, le pratiquant peut graduer ses efforts au fil de son apprentissage. Ce qui est fort différent des exercices physiques et musculaires fatigants qui, même s’ils nous défoulent, finissent par abîmer notre armature et ses composants. Le Yoga au contraire, s’adresse à notre corps physique de façon à l’entretenir avec non-violence et respect Ahimsa. C’est pourquoi peu à peu nous nous rendons compte qu’il est inutile de se lancer des défis avec des postures acrobatiques souvent présentées dans des magazines ou sur le net, restant attaché à une performance physique de notre corps et soulignant comment notre société incite à se soucier de nos talents, nos capacités, et surtout à mettre en avant notre égo, sans pour autant plus d’« efficacité ». Ainsi le Yoga nous apprend le respect de soi. Et c’est ce respect qui va progressivement, nous amener de la souplesse, tant au niveau du corps que du mental. Si, dans la pratique, notre hanche ne veut pas s’ouvrir, ne la forçons pas, c’est ainsi ; acceptons aussi ce qui est.
Il est également important de respecter les principes d’alignements, les appuis forts et
 bien répartis dans le sol, car parfois le mouvement fait oublier la technique et la rigueur des principes incontournables qui sont la base de postures confortables.
En prenant les précautions appropriées, le risque de blessures est minimal. Pour cela, il est important de suivre son propre rythme, de ne pas d’aller au delà de ses capacités (trop vite, trop fort et trop loin). Pour chaque posture, il existe des variations par niveau, il faut accepter de rester à son niveau pour mieux révéler son potentiel et utiliser les supports nécessaires à la prise des postures. Développer l’écoute de son corps, faire la différence entre douleur et inconfort. Et si le pratiquant ressent une douleur, il est souhaité d’oublier l’égo et de ne pas se forcer à tenir la posture, mais plutôt de chercher à relâcher toute tension qui bloque la respiration. Par exemple, sur une posture de flexion avant comme Paschimottanâsana, l’essentiel n’est pas de poser le nez sur les genoux, mais de placer et maintenir l’extension de toute la colonne vertébrale.
L’une des règles principales en yoga c’est Ahimsa : ne pas nuire, ne pas se faire mal. C’est l’essence même du yoga. Il n’est jamais question de compétition dans le yoga. Il faut que le corps soit préparé pour accéder à la méditation.
Ainsi une blessure est d’abord le signe d’une mauvaise pratique.

Le yoga : n’est-ce pas une discipline trop lente et ennuyeuse ?

Le yoga n’est certes pas une pratique de performance et de compétition. Pour autant, la multiplicité des postures et de leurs variations, les passages et prises de postures, les enchaînements, effectués au rythme des inspirations et des expirations, en fait une pratique riche de découvertes, de prise de conscience de fluidité de mouvements, et notamment plus en profondeur, de découverte de soi-même, de ses potentiels, de ses limites, amenant une connaissance de soi plus fine, à différents niveaux.
Au début, l’apprentissage peut être lent, la première séance est souvent chaotique puisqu’il nous faut découvrir et gérer les postures, coordonner chaque partie de notre corps tout en apprenant à respirer correctement et à calmer le mental. Il est nécessaire d’appréhender que ce soit notre respiration qui porte le mouvement et non l’inverse. Progressivement, notre corps intègre les enchaînements, les prises de postures, le geste conscient. Tout l’art est de travailler avec l’énergie et non avec sa seule force musculaire. La discipline, la régularité et l’écoute de son corps et de son souffle, ainsi que de l’attention et non de LA tension nous permettent cette prise de conscience, ce lâcher prise, cette acceptation de nos limites, cette maîtrise des peurs, et d’accepter ce qui est, être dans l’instant présent…voici les véritables enseignements du yoga et non pas de se plier en cinq sur son tapis.

Le yoga est-il une activité sportive ?

Au premier abord, la plupart des personnes ne voit pas de points communs entre un exercice cardiovasculaire et le yoga. En effet, le yoga ne privilégie pas de mouvements rapides au rythme d’une musique assourdissante et rapide, comme dans les clubs de fitness. Mais néanmoins, les postures de yoga sollicitent notre système cardio-respiratoire. Chaque posture demande une gestion de l’énergie et une capacité de récupération que l’on obtient grâce aux techniques de respirations conscientes et aux bandhas (verrous énergétiques par contractions musculaires localisées). De plus, la pratique des postures demande de la concentration et la capacité à maintenir la posture, ce qui exige un effort musculaire parfois intense. Nos poumons et notre cœur sont également sollicités comme tous nos systèmes vitaux. Apprendre à inspirer et à expirer comme il faut nous permet de tirer le plus grand bénéfice de chaque posture et d’aller plus loin en utilisant le souffle comme mode de circulation du prâna, l’énergie vitale qui n’est pas simplement réduit à l’air qui passe dans nos poumons.

Pourquoi respire-t-on par le nez en yoga ?

La plupart des nouveaux pratiquants que j’ai rencontrés, avaient fréquenté les salles de sport, ou fait des activités d’endurance, dans lesquelles l’effort se faisait en haletant et où généralement la consigne était de souffler par la bouche. Autant surprenant pour eux alors, cette proposition de respiration uniquement nasale.
Au lieu de répondre d’emblée à la question, je les invite à s’interroger sur la manière dont ils respirent en temps ordinaire. En général, la réponse permet à chacun de s’apercevoir que de façon inconsciente, tout le monde respire par le nez, sauf en cas d’obstruction mécanique des conduits du nez (comme dans le rhume), ou bien au cours d’efforts violents. Dans ces derniers cas d’urgence en quelque sorte, la bouche prend en effet le relai. Mais ses fonctions principales sont : ingestion des diverses nourritures, solides, liquides, expression verbale, sonore, outil tactile de l’affection…
Par ailleurs, il est bon de souligner aux pratiquants qu’aucun mammifère ne respire spontanément par la bouche, observons par exemple les naseaux d’un cheval.
D’autre part, il est préférable de respirer par le nez, car les narines filtrent les grosses impuretés grâce aux cils, et la muqueuse humide permet aussi de « traiter » les corps étrangers microscopiques, les bactéries…Elles réchauffent également l’air avant d’entrer dans les bronches et les poumons. De plus, les terminaisons nerveuses réflexes situées dans notre nez, commandent le diaphragme. En respirant par le nez, nous stimulons à chaque souffle notre hypophyse qui est le principal régulateur de notre système endocrinien, puisque les voies respiratoires du nez longent la base du crâne en stimulant également notre cerveau.
Le fait de respirer par le nez ralentit également les pensées et prévient efficacement les rhumes en créant un courant d’air empêchant la sécrétion (le mucus) de s’installer. Pour stimuler cette zone réflexe, nous pouvons pratiquer neti kriya, le lavage du nez, ou jala neti, le lavage du nez à l’eau à l’aide d’un lota.
Sur un plan énergétique, la respiration par le nez, nous permet de capter dans cet air inspiré, le prâna, c’est-à-dire l’énergie de vie dont nous avons besoin, et qu’en expirant, nous permettons au prâna de se diffuser dans tout notre corps. Aussi, en respirant plus lentement nous pouvons mieux capter et mieux diffuser ce prâna. Tout comme nous devons inspirer par le nez pour sentir une odeur, il faut également inspirer par le nez pour absorber le maximum de prâna, car c’est derrière le nez que se trouvent les organes olfactifs à travers lesquels le prâna passe pour atteindre le système nerveux central et le cerveau.

Faut-il être souple pour faire du yoga ?

Contrairement à certaines idées reçues ou véhiculées par les médias parfois, il n’est pas nécessaire d’être capable de s’enrouler comme un “Bretzel” pour faire du yoga. Et d’ailleurs une des raisons qui conduit à la pratique du yoga, est le manque de souplesse. 
En effet, quelque soit son degré de souplesse, le yoga propose différents niveaux dans les postures, pouvant s’adapter à chacun. Ce n’est pas à notre corps de s’adapter au yoga, mais au yoga de s’adapter à notre corps. Respect, bienveillance, non-violence ahimsa, doivent être présents à chaque instant. Ce qui ne signifie pas pour autant ne rien faire, car dans chaque posture il y a douceur sukha et fermeté sthira. Et ce, même chez des personnes déjà souples, des zones vont se délier encore plus en profondeur, l’équilibre va se renforcer, le maintien et la stabilité d’une posture vont se parfaire.

Ainsi, que l’on soit souple ou non-souple, au fur et à mesure de l’apprentissage du yoga, le corps va s’assouplir, la capacité à prendre les différentes postures et à les tenir, va s’améliorer.